Tournée du film “Destination Serbistan”

TOURNÉE DE PROJECTION
du 24 Février au 13 Avril 2018 Tournée dans 10 villes de Bretagne
du film
« Destination Serbistan »
Le Courrier des Balkans, Daoulagad Breizh et le Festival de Cinéma de Douarnenez, présentent la tournée de diffusion du dernier film du réalisateur serbe Želimir Žilnik, dans différentes villes de Bretagne.
Chaque projection sera accompagnée d’une discussion avec la rédaction du Courrier des Balkans.

LA TOURNÉE
Invité de la 40e édition du Festival de cinéma de Douarnenez, Želimir Žilnik, a souhaité faire circuler son film en Bretagne, sous-titré en français à l’occasion de ce festival.
Chaque séance sera accompagnée d’une rencontre autour de la situation des réfugiés en Europe du Sud Est par l’un des membres de la rédaction du Courrier des Balkans.

DESTINATION SERBISTAN de ŽELIMIR ŽILNIK

Documentaire - Serbie - 2015 – Coul - 1h24
Image : Miodrag Milošević, Orfeas Skutelis
Musique : Gabriella Benak, Meho Puzić, Milan Nenin Montage : Vuk Vukmirović
Production : Playground

Que reste-t-il de l’immense vague de réfugiés qui a déferlé sur les Balkans du printemps 2015 à mars 2016 ? Qui se souvient de ces interminables colonnes d’hommes, de femmes et d’enfants qui remontaient les routes de la péninsule, à la recherche d’un passage vers l’Europe de l’Ouest ? Accompagné d’un caméraman et d’un preneur de son, le réalisateur serbe Želimir Žilnik décide de suivre quelques-uns de ces « voyageurs », alors qu’ils traversent la Serbie. Il filme au plus près les interactions étranges qui se déroulent devant sa caméra, et ces hommes qui improvisent pour survivre. Il raconte les sourires et les peurs, et le comique de situations ubuesques.
Le film est accessible à tous les publics et permet une immersion sensible au sein de sociétés balkaniques souvent méconnues et laisse parler les réfugiés durant leur voyage vers l’Ouest. Destination Serbistan est un témoignage rare de la vie en migration et des étincelles qui s’allument sur le chemin.
Bande-annonce >>>

 

LES RENDEZ-VOUS ET LIEUX DE LA TOURNÉE

  • Lorient
    Le 24 Février, Auditorium St Louis, en partenariat avec l’association J’ai vu un documentaire >>
  • île de Groix
    Le 25 Février à 17h au Pop’s Tavern de Locmaria, en partenariat avec le Fifig
  • Brest
    Le 6 mars à 20h au cinéma Les studios, en partenariat avec Canal Ti Zef
  • Ergué-Gabéric
    Le 6 mars à 17h, au Centre culturel L’Athéna, avec la Maison Pour Tous d’Ergué-Gabéric
  • Pont-Aven
    Le 11 mars à 19h au Bar associatif l’Art de L’Oisiveté II, avec Tous à Toile !
  • Douarnenez
    Le 13 mars à 20h30, à l’Auditorium, avec le Festival de cinéma de Douarnenez
  • Loctudy
    Le 6 avril à 19h, au Centre culturel de Kérandouret, avec l’Amicale laïque
  • Botmeur
    Le 10 avril à 20h, à la Salle Fanch Abgrall, avec Association O P’ti Boneur
  • Quimperlé
    Le 11 avril à 20h30, au Cinéma La Bobine
  • Callac
    Le 13 avril à 20h30 au Cinéma d’Argoat, par l’Association La Belle équipe
  • Et aussi à Callac le 5 mars un atelier “critique numérique” mené par l’UFFEJ Bretagne dans le cadre du dispositif Passeurs d’images qui sera porjeté en début de la séance du 13 avril.

ŽILNIK, L’ÉTERNEL RÉVOLTÉ
Želimir Žilnik résiste et conteste depuis plus de 40 ans, caméra au poing.
Né dans un camp de concentration, il est l’un des réalisateurs les plus célèbre de la Vague Noire yougoslave des années 1960. Il remporte l’Ours d’or à Berlin en 1969, avec Travaux précoces (Rani Radovi), une ction sur les conséquences de l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’Union soviétique. Éternel opposant, Žilnik milite pour la liberté de parole durant la Yougoslavie titiste, puis se bat contre le régime nationaliste de Slobodan Milošević, scrutateur attentif de la terrible transition des années 1990 et 2000. Ses derniers lms, où se mêlent souvent réalité et ction, racontent des trajets migratoires en Europe centrale et balkanique. Il est l’un des réalisateurs les plus importants des Balkans, et le « père » de toute la nouvelle génération qui émerge dans la région.

2 QUESTIONS À ŽELIMIR ŽILNIK
Comment choisissez-vous les sujets sur lesquels vous voulez travailler ?
Je lis la presse et je suis ce qui m’inspire. Pour “Destination Serbistan”, je voulais documenter les conflits que les médias évoquaient entre la population serbe et les migrants en route pour l’Europe. Mais le terrain a vite invalidé mon idée de départ, car les Serbes savent ce que l’exil veut dire. Des dizaines de milliers de réfugiés sont arrivés de Bosnie-Herzégovine, de Croatie ou du Kosovo durant les guerres des années 1990 et toutes les familles du pays ont des frères ou des cousins qui travaillent en Allemagne ou en Autriche. Je n’ai vu que de l’entraide et de la solidarité. Beaucoup de personnes âgées se souvenaient des bonnes relations qui existaient dans le temps, entre la Yougoslavie de Tito et les pays du mouvement des non-alignés comme l’Égypte ou la Guinée. De nombreux Yougoslaves ont travaillé en Afrique et des milliers d’étudiants du Proche ou du MoyenOrient venaient étudier chez nous.
Vous travaillez avec une petite équipe pour être au plus proche de vos sujets...
Depuis la destruction de notre pays, les équipes de tournage sont chaque année de plus en plus réduites (Rires). Je pars généralement dans une voiture, avec une ou deux personnes. Souvent, les spectateurs pensent que les scènes de mes documentaires sont arrangées, mais c’est juste que je prends du temps pour gagner la confiance des personnes que je filme. J’essaie juste d’être le plus honnête possible, d’expliquer que je gagne ma vie en faisait ce travail et que les gens devant ma caméra peuvent aussi participer à cette oeuvre. Pour Destination Serbistan, j’ai suivi quelques réfugiés durant leur traversée de la Serbie en 2015. Trois ans après, nous avons gardé le contact. L’un d’entre eux est en Allemagne, l’autre en Angleterre et un troisième est toujours coincé en Serbie. La grande majorité des migrants que je suivais ont réussi à passer car les frontières étaient ouvertes à cette époque. Mais aujourd’hui il y a des murs, des barbelés, des chiens et de la violence. Beaucoup de migrants expulsés en Serbie depuis la Croatie portent des traces de morsures ou de coups. Et l’extrême droite profite de la situation pour alimenter les peurs.

Les membres de la rédaction du Courrier des Balkans qui accompagneront les séances.

JEAN-ARNAULT DÉRENS est historien et journaliste. Rédacteur en chef du Courrier des Balkans, il a longtemps vécu au Monténégro, en Macédoine, en Serbie, etc, et partage toujours son temps entre les Balkans et la Bretagne. Il collabore à de nombreux médias francophones, comme Le Monde Dilomatique, Ouest-France, Mediapart, Le Temps (Genève), etc, et il a publié de nombreux ouvrages sur la région, notamment “Balkans, la crise” (Paris, Gallimard, 2000); “Le piège du Kosovo, Nouvelle édition” (Paris, Non Lieu, 2009);“Voyage au pays des Gorani” (avec Laurent Geslin, Paris, Cartouche, 2010).

LAURENT GESLIN est géographe et journaliste. Il travaille dans les Balkans et en Europe de l’Est depuis une dizaine d’années pour Le Monde diplomatique, Médiapart, Libération, RFI, etc. Laurent Geslin fait également partie de la rédaction du Courrier des Balkans. Il a cosigné avec Jean-Arnault Dérens « Comprendre les Balkans, Histoire, sociétés, perspectives » (Éditions Non lieu, 3e édition, 2014). Il est lauréat des prix Louise Weiss du journalisme européen et Writing for central-eastern Europe.

 

UN PEU PLUS D’INFOS

Nos amis et complices de Bretagne et Diversité, >>> bed.bzh, proposent, parmi tant d’autres, un dossier sur les peuples des balkans, pour lequel Jean Arnault Dérens a rédigé la contribution universitaire.

Pour visionner leur teaser >>>

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