Éclats de Femmes 2018

Éclats de Femmes 2018

Le Festival de Douarnenez organise la 7e édition d' Éclats de Femmes...

Eclats de vies, de combats, réflexions et discussions autour des genres et des féminismes dans toute leur diversité.

Se retrouver le temps de trois soirées pour un grand moment de partage. Faire un pas de côté, jeter un œil hors du cadre.

visuel annonce web eclats de femmes dates 5 au 8

Jeudi 5 avril, 20h

[Auditorium]

Participation libre

La place de l'homme

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De Coline Grando

Belgique, 2017, 60 min

Des hommes de vingt à quarante ans confrontés à une grossesse non prévue le plus souvent interrompue, dévoilent leurs ressentis et réflexions sur cet événement. À travers ces récits de vie, c’est la place de l’homme dans les rapports femmes/hommes que le film questionne.

En présence de la réalisatrice Coline Grando

Samedi 7 avril, 20h30

[Auditorium]

Participation libre

Colette Magny, une rebelle revolutionnaire

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La chanson politique de Colette Magny de Yves-Marie Mahé

France, 2017, 32 min

Colette Magny a, très tôt, refusé la carrière dans le show-business que sa voix lui offrait. Elle choisit l’engagement politique et la recherche musicale. Blues, free jazz, collage, anti-poésie, voix parlée, chanson-enquête, musique contemporaine…

Rhodia 4X 8 , Groupe Medvedkine de Sochaux

Colette Magny chante le flamenco de la Rhodia.

Les rebelles sont souvent des étoiles filantes qui laissent des traces éphémères et des souvenirs éblouis, pas plus. Mais l’on redécouvre aujourd’hui  l’héritage de Colette Magny.  C’est une rebelle révolutionnaire.

Et des images d’archives inédites. (Issues des Archives Départementales de la Seine-Saint-Denis)

présenté et animé par Tangui Perron en charge du patrimoine à Périphérie

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Pour être un rebelle, sans doute ne suffit-il pas de porter du khôl autour des yeux, d’arborer des tatouages et de jouer dans des films de pirates à très gros budget – avant de tourner dans une publicité pour une marque de parfum ou de bagnole. Même si  on est chanteuse ou chanteur, il n’est pas  obligatoire de mourir à l’âge de 27 ans (tels Amy Winehouse, Kurt Cobain ou Jimi Hendrix).

Colette Magny, ancienne dactylo, décédée trop tôt (à 71 ans tout de même, en 1997) est aussi une rebelle. De sa voix, elle aurait pu faire un viatique pour devenir une diva du jazz. (A sa mort, le chanteur Arnoaffirma que c’était la plus grande chanteuse de blues en France). Colette Magny décida non seulement de chanter mais aussi de crier, gueuler, lutter. Célèbre, elle envoyait chier les journalistes de la télé. Oubliée, elle se battait pour poursuivre ses rêves et sa révolte. Durant « les années 1968 », elle fut de toutes les luttes, fêtes et comités de soutien, des meetings de Penarroya à la Fête de l’Huma. Elle réalisa un disque avec des enfants handicapés mentaux  ; se moqua des militants-militaires et se moqua d’elle-même, en se foutant du bon goût – en 1984, elle de demandait si la grande scène de la Fête de l’Huma  pourrait supporter son poids et celui de Brenda Wootton. Capable de violence, sa mise en musique du poème de Victor Hugo, Les Tuileries, est d’une grande douceur(elle est aujourd’hui reprise par Bertrand Belin et Camélia Jordana). Mais arrêtons de lui jeter des fleurs. Elle ne fut pas la seule. Catherine Ribeiro est une sœur déchirée.  François Tusques lui apporta sa collaboration et son talent.

Les rebelles sont souvent des étoiles filantes qui laissent des traces éphémères et des souvenirs éblouis, pas plus. Mais l’on redécouvre aujourd’hui  l’héritage de Colette Magny.  C’est une rebelle révolutionnaire.

 

 

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Dimanche 8 avril, 18h

[Cinéma Le Club]

Tarifs en vigueur

Ouvrir la Voix

Affiche-ouvrir-la-voix

de Amandine Gay

France, 2016, 2h02

L’occasion de revoir un des films programmés lors de la grande Tribu 2017, où Amandine Gay a recueilli les souvenirs, les aspirations et les révoltes de 24 femmes afrodescendantes vivant en France.

On entre dans le film d’Amandine Gay comme dans un salon où l’on s’installe pour entamer une conversation très naturelle bien que très intime avec des personnes plus sympathiques les unes que les autres. Des femmes. Elles ne sont que des femmes. Françaises ou Belges. Elles sont noires aussi, certaines métis. Les unes aiment se dire afros, d’autres afrodescendantes, d’autres encore préfèrent le terme « afropéenne ». Une succession de plans fixes, cadrés sur chacune d’elle, pour aller au plus près de leur parole libérée et ressentir l’intimité qu’elles partagent. Et à partager, elles ont beaucoup.

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On entre dans le film d’Amandine Gay comme dans un salon où l’on s’installe pour entamer une conversation très naturelle bien que très intime avec des personnes plus sympathiques les unes que les autres. Des femmes. Elles ne sont que des femmes. Françaises ou Belges. Elles sont noires aussi, certaines métis. Les unes aiment se dire afros, d’autres afrodescendantes, d’autres encore préfèrent le terme « afropéenne ». Une succession de plans fixes, cadrés sur chacune d’elle, pour aller au plus près de leur parole libérée et ressentir l’intimité qu’elles partagent. Et à partager, elles ont beaucoup.

Par exemple, comment la société leur a très tôt renvoyé l’image d’être noire. Comment, à cette identité noire s’est superposée celle d’être une femme et comment cette identité de genre charrie à son tour son lot de conditionnements. Enfin, comment, pour certaines, vient se superposer l’identité de l’orientation sexuelle qui, là aussi, peut engendre des conséquences à la non-conformité « aux normes ».

Tout en réalisant un film très structuré, en chapitres, où se succèdent ces grandes questions de société, le film réussit à retenir l’attention sur chaque individualité qui se livre, qui se confie. Les identités semblent similaires et pourtant les expériences sont multiples, hétérogènes, uniques. Là réside toute la force du film qui devient alors œuvre sociologique. Créer l’universel à partir de l’individuel. Et donner corps, vie et âme au concept très abstrait et académique de l’intersectionnalité des discriminations, qui correspond à la situation des personnes qui subissent plusieurs formes de discriminations.

Amandine Gay aime à dire qu’elle a réalisé le documentaire qu’elle aurait aimé voir quand elle était petite. Car en tant que femme noire française, les seules modèles auxquelles elle pouvait s’identifier étaient les héroïnes et intellectuelles du Black feminism américain, comme Angela Davis ou encore la prix Nobel de littérature, Toni Morrison.

L’objectif est réussi et il est certain que ces vingt-quatre femmes qui s’expriment dans Ouvrir la voix seront autant de nouvelles héroïnes et modèles pour toutes les personnes qui iront à leur rencontre.

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