La 37e édition

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Douarnenez – terre de l’île, en breton – invite, pour sa 37e édition, les îles et les peuples d’un autre bout de terre : l’archipel indonésien, les Papouasies et leTimor Leste. Durant huit jours, du 22 au 30 août, le port sardinier finistérien va accueillir et présenter un cinéma inédit et méconnu en France… Une curiosité historique, celle de l’altérité, que le festival entretient depuis sa création en 1978, tout en esquissant depuis quelques années des chemins de traverse à la rencontre d’autres peuples, d’autres minorités, d’autres singularités.

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Douarnenez – terre de l’île, en breton – invite, pour sa 37e édition, les îles et les peuples d’un autre bout de terre : l’archipel indonésien, les Papouasies et leTimor Leste. Durant huit jours, du 22 au 30 août, le port sardinier finistérien va accueillir et présenter un cinéma inédit et méconnu en France… Une curiosité historique, celle de l’altérité, que le festival entretient depuis sa création en 1978, tout en esquissant depuis quelques années des chemins de traverse à la rencontre d’autres peuples, d’autres minorités, d’autres singularités.

Archipel indonésien, « L’unité dans la diversité ». Le festival souhaite interroger l’histoire indonésienne et ses enjeux contemporains au regard de sa devise… Pour aborder, sans la caricaturer, une démocratie qui se cherche et s’érige avec ou contre les minorités, multiconfessionnelle à prédominance musulmane, avec des peuples et des cultures certes confrontés à la mondialisation, à l’accaparement des terres et des cerveaux, mais qui se structurent, résistent et agissent à l’instar des invités qui offriront au public leurs paroles et leurs créations en partage et en palabres, sur la place, sous le chapiteau et bien sûr en salle de cinéma. Une occasion unique de découvrir l’histoire récente de l’Indonésie, de la période coloniale à la genèse d’un Etat, du massacre des communistes de 1965 à la dictature de Suharto avant la Reformasi en 1998 et la construction démocratique. Les thèmes des conflits ethniques,  de la diversité des langues et des cultures (Dayak, Mentawaï, Badjao et Punan en particulier), des transmigrations économiques, de l’accaparement des terres et de la déforestation seront explorés.

La Papouasie occidentale, un combat oublié, voir nié. Toujours au regard de l’Etat indonésien, une question nous frappe et nous interroge avec acuité : la situation en “West Papua” ou Nouvelle-Guinée Occidentale. Une Nouvelle-Guinée coupée en deux, l’une indépendante, l’autre intégrée à l’Indonésie qui a remplacé le fait colonial hollandais par un statut d’autonomie spécial, très spécial puisque ce territoire apparaît comme hors de l’Etat de droit et du champ de la construction de la démocratie indonésienne. Une partie de la population papoue, qui lutte et revendique l’indépendance, subit le joug de la violence politique, des attaques contre la liberté d’expression, l’empoisonnement des militants, la torture et le meurtre des activistes et des syndicalistes. Une résistance armée s’est organisée, éparpillée, divisée et traquée par les commandaux spéciaux de l’armée indonésienne. Le tout dans une indifférence toatale de la communauté internationale. Et pour cause ! Dotée d’un sous-sol empli de richesses, d’or et de métaux rares, la West Papua recèle des intérêts financiers face auxquels le destin des populations autochtones pèse peu ou rien.

Timor Leste, premier Etat du XXIe siècle. Une indifférencequi a aussi marqué au fer rouge le Timor Leste. Occupé par l’Indonésie à partir de 1975, la résistance timoraise arrache dans le sang et les larmes son indépendance en 1999, effective dans les faits en 2002.  L’Est de cette île de l’archipel de la Sonde, en proie à des enjeux géostratégiques et économiques majeurs et basée sur une histoire, à bien des égards exemplaire, n’a jamais fait l’objet d’une attention particulière. Le Festival de cinéma de Douarnenez relève le défi avec une programmation inédite et audacieuse avec la diffusion d’A guerra da Beatriz, premier film timorais en tétoum (langue vernaculaire), un coup de projecteur sur la jeune création photographique timoraise et la découverte de sa scène musicale contemporaine avec Ego Lemos.

Des chemins de traverse. En parallèle depuis quelques années, se dessinent des chemins de traverse à la rencontre d’autres peuples, d’autres minorités, d’autres singularités. Le festival devient se fait la tribune d’autres minorités et cultures bafouées, revendiquées, tel-l-e-s les Intersexes et les Sourds. Des aventures humaines et artistiques initiées depuis quelques années nous rappellent sans cesse l’importante de leurs combats.
Partenaire historique du Festival de cinéma de Douarnenez, l’association Daoulagad Breizh propose son « Grand cru », une sélection d’une trentaine de films, réalisés et produits en Bretagne, vitrine de la création cinématographique bretonne actuelle.

La « Grande Tribu » constitue, elle, le creuset sans cesse renouvelé des amitiés tissées au gré des éditions précédentes. Cette année, un écho particulier sera donné aux communautés indigènes du Chiapas (Mexique) et à l’EZLN (Ejército zapatista de liberación nacional), sans bilan caricatural, au plus près des expériences d’organisations politiques et sociales qui échappent, en tâtonnant, au prêt-à-penser libéral ou révolutionnaire.

Un menu à la carte. Le festival invite à une traversée de ces peuples et de ces sections, par des propositions cinématographiques, mais aussi des débats, des joutes verbales, des palabres matinales qui tentent de rendre visible les enjeux et les défis politiques et historiques de ces espaces humains. Des expositions sonores et visuelles éparpillées dans la ville, des ponctuations musicales sur des rythmes balinais et timorais, une librairie éphémère avec plus de 600 titres débusqués comme des œuvres essentielles avec, en point d’orgue, une journée littérature dédiée aux femmes écrivainEs, belles et rebelles.