Born in flames



Résumé :

On ne peut  rivaliser  avec l'énergie débordante et la joie frondeuse de Born in Flames de Lizzie Borden, sorti en 1983. La récente restauration de cette fable de science-fiction tournée caméra au poing dans le downtown new-yorkais rend hommage comme jamais à une vision radicale dont la lucidité éclate à la manière d'un cocktail Molotov au milieu d'une actualité caractérisée par l'inquiétude politique et la morosité réactionnaire. L'image miroitée d'un futur sous forme d'ordre post-révolutionnaire qui malgré ses grandes promesses de changement et d'égalité se rend coupable de discrimination systématique et d'oppression, ne peut trouver dans notre époque que de nombreux échos de reconnaissance. Sans surprise le film fait figure aujourd'hui de référence pour de nombreux mouvements activistes : son portrait tourbillonnant, kaléidoscopique, du combat contre l'hégémonie patriarcale hétéro et raciste de la société bien-pensante ne peut, au vue de la criminalisation actuelle de toute forme de résistance, qu'avoir gagné en puissance évocatrice. Faisant se balancer les différents angles d'approche des personnages, entre autres Kathryn Bigelow, Adele Bertei et Florynce Kennedy dans son propre rôle, et soutenu par la rythmique de musiciens comme The Red Crayola ou The Bloods, cette mise à plat audacieuse des questions de genre, de race et de classe nous confronte plus que jamais avec les limites et les possibilités de la résistance aujourd'hui.

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Fiche technique :

Réalisateur : Lizzie Borden

Scénario : Lizzie Borden

Distribution : Festival du Film de Femmes de Créteil

Pays de production : USA

Année : 1983

Durée : 85 minutes

Format : 16 mm

Version : VOSTFR

Langue(s) : Anglais

Image : Al Santana, Ed Bowes, Lizzie Borden

Musique : The Bloods

Montage : Lizzie Borden

En savoir plus :

« Born in Flames abordait les féminismes, au pluriel. Il y a un million de féminismes, il y a un million de femmes qui se considèrent féministes mais qui n’ont pas le même programme. L’idée de pluralité oppose à celle de démocratie est quelque chose de difficile à faire passer. Surtout quand il y a, comme aux États-Unis, cette idée de melting pot dans lequel toutes les différences disparaitraient pour se fondre dans un tout uniforme, dans un accord sur une plate-forme commune En fait, en termes de races, la question est comment on permet, on encourage et apprécie l’autonomie raciale avec toutes les différences que cela implique, sans tomber dans la discrimination ? Comment permettre à des femmes de ne pas se sentir obligées de se conformer à un programme féministe blanc ?  dans Born in Flames les différents sous-groupes, comme la radio pirate noire et la radio pirate blanche, travaillent ensemble sans perdre leur autonomie. ».

« Born in Flames est un film sur la discontinuité et le dysfonctionnement, sur l’explosion qui résulte de la rencontre entre différents groupes. (…) le film développe une esthétique de la pauvreté qui est une esthétique du montage. J’ai décidé de ne pas m’en faire si, au cours des six mois entre deux tournages, une femme avait pris ou perdu 10 kilos ou s’était rasé la tête. Mais j’ai essayé de créer une énergie par la juxtaposition des images. Cette structure reproduisait aussi pas mal les idées politiques qui sont à la base de Born in Flames. ».

Projections passées :

diffusé au 8ème Festival de Douarnenez (1985)


Centre de ressouces :
Format disponible pour pré-visionnement : non