Glossaire





Glossaire des termes clés

Extraits des rapports:
- de la Commission Européenne sur les discriminations sur les personnes trans et intersexes, 2011;
- sur les droit des enfants trans et intersexes, Luxembourg – RADELUX, 2012;
- du Conseil de l'Europe (Erik Schneider Psychiatre) "Les droits des enfants intersexes et trans’ sont-ils respectés en Europe?", 2013

La terminologie désignant les personnes trans et les personnes intersexuées a considérablement évolué ces dernières années et s’est progressivement distanciée du langage médical au profit de termes et définitions proposés par des experts et des défenseurs des droits humains. Force est cependant de reconnaître que le débat sur la terminologie et les définitions n’est pas clos, ce qui signifie que le présent glossaire devra sans doute être réactualisé à l’avenir.

Assignation (d’un sexe) : Attribution d’un sexe à un enfant sur la base de caractéristiques anatomiques considérées comme "femelles" ou "mâles" dans un système sociétal structuré autour d’une dichotomie des sexes.
Automutilation : Comportement consistant à s’infliger des blessures ou dommages physiques, par exemple en se coupant, se brûlant, se griffant, se frappant, se mordant, s’arrachant les cheveux. L’automutilation en elle-même n’est pas pratiquée dans l’intention de se suicider mais une partie significative des personnes qui s’automutilent est suicidaire.
Les blessures sont une manifestation physique de la douleur émotionnelle.
Biphobie : Se rapporte à la haine, la peur ou le dégoût de la bisexualité ou des bisexuel.le.s.
Cisgenre : Terme désignant les personnes dont l’identité de genre et l’expression de genre correspondent au sexe qui leur a été assigné à la naissance ainsi qu’aux attentes sociales liées à leur genre.
Cisnormativité : Pratiques et institutions légitimant et privilégiant les personnes qui se reconnaissent dans le genre lié au sexe qui leur a été assigné à la naissance. À l’opposé, cette norme désavantage et marginalise systématiquement toutes les personnes dont l’identité de genre et l’expression de genre ne correspondent pas aux attentes de la société.
Conversion sexuelle : Processus par lequel un individu redéfinit le genre dans lequel il vit afin de mieux exprimer son identité de genre. Désigne aussi souvent un processus pouvant impliquer un recours à la médecine, y compris des thérapies hormonales et des interventions chirurgicales (on parle alors de réassignation sexuelle), par lequel une personne trans met son corps en adéquation avec son genre. Ce processus inclut cependant aussi certaines ou toutes les modifications sociales et juridiques suivantes : «coming out» par rapport à la famille, aux amis et aux collègues; le fait de s’habiller et de se comporter conformément à son genre; le changement de nom et/ou de sexe sur les documents légaux et l’accomplissement d’autres démarches juridiques ou judiciaires en fonction du droit national.
Dans l’arrêt P. contre S., la CJUE a estimé que la conversion sexuelle relève du champ d’application de la notion de «sexe» dans le droit de l’Union européenne.
Expression de genre : Désigne la manifestation de l’identité de genre ainsi que l’identité de genre de la personne telle qu’elle est perçue par autrui. En règle générale, les gens s’efforcent de faire correspondre leur expression de genre ou leur présentation à leur identité de genre, que cette dernière corresponde ou non au sexe assigné à la naissance.
La personne de «genre variant» est une personne dont le genre diffère de l’identité de genre normative et du rôle associé au sexe assigné à la naissance.
Gonadectomie : Ablation d’une ou des glandes qui produisent les gamètes (ovaires, testicules, ovotestis) et les hormones dites « femelles » ou « mâles ».
Genre : terme se référant au ressenti et à l’expérience de la masculinité et de la féminité, ainsi qu’à la construction sociale qui attribue certains comportements aux rôles masculin et féminin, ceux-ci pouvant varier en fonction de la période de l’histoire, des sociétés, des cultures et des classes sociales. En conséquence, le genre est étroitement lié aux attentes de la société et n’est pas exclusivement une question d’ordre biologique.
Homophobie : Toute manifestation, avouée ou non, de discrimination, d’exclusion ou de violence à l’encontre d’individus, de groupes ou de pratiques dites homosexuel.le.s.
Latrogène : Qui est provoqué par le médecin ou le traitement médical.
Identité de genre (souvent traduite confusément par identité sexuelle) : désigne l’expérience intime et personnelle de son genre telle que profondément vécue par chacun, qu’elle corresponde ou non au sexe assigné à la naissance, y compris la conscience personnelle du corps (qui peut également impliquer, si consentie librement, une modification de l’apparence ou des fonctions corporelles par des moyens médicaux, chirurgicaux ou autres) et d’autres expressions du genre comme la façon de s’habiller, de parler et de se comporter.
intersexophobie : croyances, opinions, attitudes et comportements culturels et personnels négatifs fondés sur les préjugés, le dégoût, la peur et/ou la haine envers les personnes intersexuées ou les changements de sexe. La transphobie institutionnelle se manifeste au travers du système de genre binaire et de la pathologisation et la médicalisation des corps intersexuées. L’intersexophobie sociale se traduit par des formes de marginalisation, d’exclusion sociale et d’ «exotisation».
Une personne intersexuée est une personne possédant des caractéristiques génétiques, hormonales et physiques qui ne sont ni exclusivement masculines, ni exclusivement féminines, mais qui sont typiques des deux sexes en même temps ou qui ne sont pas clairement définies comme correspondant à l’un ou à l’autre sexe. Ces caractéristiques peuvent revêtir la forme de caractéristiques sexuelles secondaires comme la masse musculaire, l’implantation des cheveux, les seins et la stature; des caractéristiques sexuelles primaires comme les organes reproducteurs et les parties génitales; et/ou les structures chromosomiques et les hormones. Ce terme a remplacé le terme «hermaphrodite» qui fut beaucoup utilisé par les médecins aux XVIIIe et XIXe siècles.
Intersexuation
Eventail de conformations anatomiques qui ne relèvent pas des catégories standard "mâle" et "femelle" et qui peuvent résulter de variations chromosomiques, hormonales, gonadiques ou génitales. Par exemple, l'intersexuation peut se caractériser par le fait d 'avoir un ovaire et un testicule, ou des gonades qui contiennent à la fois du tissu ovarien et du tissu testiculaire (ovotestis). Les configurations chromosomiques XXY ou XO au lieu de XX ou XY sont également intersexes. Les organes génitaux de certaines personnes intersexes, mais pas de toutes, ne peuvent pas être clairement identifiés comme mâles ou femelles. L'intersexuation peut se révéler avant la naissance, à la naissance ou plus tard, notamment à la puberté ou en cas de désir d'enfant. L'intersexuation elle-même n'est pas une pathologie. Il est plus exact de la considérer comme une désignation utilisée pour décrire la variabilité biologique.
LGB : Abréviation tirée de l’anglais pour lesbiennes, gays et bisexuel.le.s. S’y ajoutent souvent la lettre "T" pour trans, parfois "I" pour intersexué.e.s, et/ou, encore plus rarement, "Q" pour queer ou en questionnement.
Marqueur de genre : Vise toute désignation liée au genre sur des documents officiels. Les marqueurs de genre les plus évidents sont des mentions comme homme/femme ou M./Mme/Melle qui figurent souvent sur les documents d’identité, permis de conduire, certificat de naissance, diplômes, actes de l’état civil et déclarations fiscales. Des marqueurs indirects peuvent se présenter sous la forme de chiffres comme un numéro de sécurité sociale ou des identifiants fiscaux.
Modèle binaire du genre : Système de représentations normatif fondé sur l’idée simpliste d’une dichotomie de deux sexes définis biologiquement, qui s’excluent mutuellement, auxquels différents rôles et comportements sont attribués traditionnellement.
Sexe : se réfère aux attributs biologiques tels que les caractéristiques sexuelles primaires et secondaires, les gènes et les hormones. Le sexe légal est généralement assigné à la naissance et il se comprend traditionnellement comme l’appartenance à un des deux groupes qui s’excluent mutuellement, à savoir celui des hommes ou celui des femmes. «La Cour de justice a considéré que le champ d’application du principe d’égalité de traitement entre les hommes et les femmes ne saurait être réduit aux seules discriminations fondées sur l’appartenance à l’un ou l’autre sexe. Eu égard à son objet et à la nature des droits qu’il tend à sauvegarder, ce principe s’applique également aux discriminations qui trouvent leur origine dans le changement de sexe d’une personne». À cela s’ajoute que la définition légale du sexe devrait aussi inclure les personnes intersexuées.
Système de genre binaire : Fait référence aux normes dérivées de l’idée simpliste d’une dichotomie entre deux sexes définis biologiquement qui s’excluent mutuellement et auxquels sont traditionnellement associés des rôles et des comportements spécifiques.
Trans (ou trans*) : Terme générique désignant les personnes dont l’identité de genre et/ou une expression de genre ne correspondent pas au sexe qui leur a été assigné à la naissance. Il inclut, de manière non limitative : les hommes et les femmes ayant un passé de transsexuel, et toute personne qui s’identifie en tant que transsexuel, transgenre, travesti, androgyne, polygenre, personne de genre fluide («genderqueer»), sans genre, personne de genre variant («gender variant») ou possédant toute autre identité et/ou expression de genre autre que le standard homme ou femme et qui exprime son genre à travers ses choix vestimentaires, sa présentation ou ses modifications corporelles, y compris le recours à des opérations chirurgicales multiples.
Transgenre : Désigne les personnes qui vivent en permanence dans le genre de leur préférence, sans nécessairement devoir subir une ou plusieurs interventions médicales. Jusqu’il y a peu, ce terme était aussi le terme générique désignant toutes les personnes trans, mais il est aujourd’hui en perte de vitesse et on lui préfère justement le terme «trans» jugé plus inclusif de toutes les identités trans.
Transphobie : désigne les croyances, opinions, attitudes et comportements culturels et personnels négatifs fondés sur des préjugés, le dégoût, la peur et/ou la haine à l’égard des personnes trans ou des variations d’identité de genre et d’expression de genre. La transphobie institutionnelle se manifeste au travers de sanctions légales, d’une pathologisation et de mécanismes inexistants/inadéquats pour combattre la violence et la discrimination dans ce domaine. La transphobie sociale se manifeste sous la forme de violence physique ou autre, de discours de haine, de discrimination, de menaces, de marginalisation, d’exclusion sociale, d’«exotisation», de ridiculisation et d’insultes.
Transsexuel : désigne la personne qui s’identifie au rôle de genre opposé au sexe qui lui a été assigné à la naissance et qui cherche à vivre de manière permanente dans le rôle de son genre de prédilection. Cela s’accompagne souvent d’un fort rejet de ses caractéristiques sexuelles primaires et secondaires et d’un fort désir d’adapter son corps à son genre de prédilection. Les transsexuels peuvent avoir l’intention de subir, être en train de subir ou avoir subi un traitement de conversion sexuelle (avec ou sans thérapie hormonale ou chirurgie).
Travesti : Désigne la personne qui aime porter les vêtements de l’autre sexe pendant certaines périodes de temps. Son identification à l’autre genre peut varier en intensité, de très forte, au point de devenir le genre primaire, à moins forte, en constituant un élément moins essentiel de son identité. Certains travestis ont parfois recours à la médecine à un moment de leur vie pour changer de sexe et vivre de manière permanente dans leur genre de prédilection. D’autres se contentent tout au long de leur vie de se travestir à certains moments.
Troubles de l’identité sexuelle [trouble de l’identité de genre — TIG] : Terme figurant tant dans la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes (Section F Troubles mentaux et du comportement) de l’OMS que dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l’Association américaine de psychiatrie (APA). Cette expression désigne un diagnostic de trouble mental classifié, utilisé par les psychiatres et les psychologues pour désigner un malaise profond et un sentiment de rejet ressentis par une personne vis-à-vis du sexe qu’elle incarne par rapport à l’identité de genre qu’elle ressent.
Troubles du développement sexuel (Disorders of Sex Development – DSD ) : Sigle signifiant à l’origine "Disorders of Sex Development" ("troubles du développement sexuel"), désignation médicale de certaines formes de variation des caractères sexués considérées comme des pathologies par la médecine. Etant donné que le caractère pathologique des variations du développement sexuel est contesté et considéré comme stigmatisant pour les personnes concernées, "DSD" est parfois utilisé dans le sens de "Différences of Sex Development" ("différences du développement sexuel").