Concert d’ouverture

Vendredi 21 août

Place du Festival - Entrée libre

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Le groupe de musique Anklaje naît en 2010, fruit de la rupture et de la continuité de ce qui fut jadis le groupe Armazón. Rupture, car il possède une nouvelle sonorité et chaleur harmonieuse. Mais également continuité dans la mesure où son horizon esthético-politique reste avec insistance fixé sur l’inter-culturalité.

Loin d’une imitation post-moderne opportunément dénoncé par Jameson et du multiculturalisme « made in USA » et de son grossier mélange identitaire, Anklaje propose une expérience créative enracinée historiquement et biographiquement dans chaque membre du groupe.
Avec Claudio Pérez Llaiquel conscient des significations du piano, Marco Garrido López qui se meut avec insistance entre la terre avec les tambours et le ciel avec les vents et Neddiel Muñoz Millalonco dont la voix est l’expression d’une fusion entre la profondeur du ciel et de l’humain, avec la force d’enracinement propre au chêne, Anklaje partage une position indiscutable dans ce que l’on pourrait nommer « les esthétiques de la décolonialisation ».

Décoloniser l’art est faire de celui-ci davantage qu’un pasquin. Décoloniser l’art est avant tout un acte d’art et, comme disait Victor Jara à propos de la « nueva canción chilena » : cela requiert toute la rigueur que la création artistique mérite.

Décoloniser l’art est aussi un acte de rébellion et, comme tel, il exige tout le courage que nous demande le fait de créer sans demander la permission.

Décoloniser la musique revient à prendre ses harmonies et à les utiliser pour exprimer ce que le Tiers-Monde ressent, revient à prendre ses harmonies sans crainte de les désarmer si la conjoncture historique le requiert. C’est défendre le fait de croire qu’un univers harmonieux est possible et nécessaire, et que nous sommes les héritiers d’une musicalité différente à celle européenne et que la musique peut également se construire à partir de nos racines.

Décoloniser l’art, c’est discuter l’hégémonie de la beauté, rendre la dignité à nos yeux noirs, aux mains du paysan et à la femme qui récolte les coquillages sur la côte. Décoloniser l’art signifie redonner vie à Notre Amérique qui agonise sous les teintures pour les cheveux et les lentilles de contact bleues.

Décoloniser l’art est encore incorporer l’intimité à l’Histoire et créer à partir de l’endroit qui nous a vus venir au monde.

Neddiel Muñoz Millalonco

Neddiel Elcie Muñoz Millalonco, est, selon les dires de Mercedes Sosa, avant tout une chanteuse de musique traditionnelle dans le sens où, comme disait cette grande référence de la musique argentine, « une chanteuse est celle qui peut chanter et une chanteuse de musique traditionnelle est celle qui a le devoir de le faire ». Comme Victor Jara, Neddiel chante « avec discernement et à juste titre ».

C’est depuis une conception profonde de la musique que le chant de Neddiel nait, tissant de nouvelles harmonies et éclairant la proposition esthétique du Groupe de musique Anklaje. A travers sa voix, le chant indigène a trouvé une voie digne et possible pour faire face à la tension propre à la modernité vécue depuis les marges du système monde.

Il n’est pas question de fixer une limite entre le chant traditionnel et le chant contemporain, mais bien d’ouvrir un espace de dialogue à partir de la préservation du chant traditionnel, en tant qu’expression valide et respectable, dans un contexte aux nouvelles conditions esthético-matérielles.

C’est uniquement en jouant avec le reste des musiciens que sa voix prend la forme de la révolution esthétique qu’est proposer de nouveaux codes sonores : des vieux rythmes mêlés à des nouvelles mélodies, des ruptures harmonieuses de diverses intensités, qui communiquent de façon sincère une émotion qui trouve sa place dans l’Histoire et dans le monde.

C’est dans ce but que le travail de Neddiel et du groupe Anklaje fait grandir notre peuple, en développant des dialogues intergénérationnels depuis l’ancestralité la plus profonde jusqu’aux codes esthétiques actuels. Leur musique anoblit notre peuple puisqu’il comprend qu’interpréter des chants indigènes aujourd’hui, ce n’est pas chanter dans notre langue des réalités étrangères, mais davantage chanter le monde depuis notre propre essence.

Neddiel Muñoz y Horacio Salinas en Chiloé

CANTA NEDDIEL MUÑOZ MILLALONCO, PROTAGONISTA DE CAPÍTULO DE LA MÚSICA WILLICHE. ESTRENO EN CHILEVISIÓN ESTE DOMINGO 1 DE ENERO A MEDIANOCHE

Posted by "LA Primera Música" de los pueblos originarios on mardi 27 décembre 2011
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