Du bon côté du barbelé

Un reportage de Charlotte Perry avec Olivier Razac, philosophe et auteur d’Une Histoire Politique du Barbelé, devant le centre de rétention administratif de Lyon.

On l’appelle « corde du diable », « écharde du souvenir », ou «frontière brûlante » : comment le fil de fer barbelé, outil agricole ingénieux, est-il devenu un outil politique, symbole universel de l’oppression?

La crise internationale des migrants a fait réapparaitre le barbelé dans notre paysage médiatique, et des images de personnes massées derrière les barbelés emplissent nos écrans de télévision et les unes des journaux. Des frontières entre la Hongrie et la Serbie, entre la Turquie et la Grèce, entre le Maroc et les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, en tout, près de 235 km de clôtures barbelées entourent la Forteresse Europe.

Mais alors que l’image du barbelé évoquait jusqu’à présent le paysage délabré du No man’s land de la première guerre mondiale ou les camps nazis, et symbolisait à lui seul l’idée de la violence politique, comme en témoigne le logo d’Amnesty International, cette symbolique ne serait-elle pas en train de s’inverser au profit de celle de la protection et de la sécurité ? Quels sont les enjeux d’un tel renversement pour nos démocraties, et pour nous qui sommes « du bon côté du barbelé » ?

A lire :

Le rapport d'Amnesty International Peur et barbelés:

https://www.amnesty.be/IMG/pdf/rapport_peur_et_barbele_s_fr.pdf

Olivier Razac « Une histoire politique du barbelé » aux éditions Flammarion

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