Et puis un jour

Et puis un jour…
(18'34'')
2017
Katia Kovacic
dans le cadre du projet Borderscapes
Documentaire sonore
résumé
Comment se questionnent, tâtonnent et s'organisent les personnes et les associations qui s'engagent auprès des nombreux migrants de passage dans la vallée de la Roya, vallée au coeur de la problématique migratoire car elle se trouve là, à droite, juste après la frontière franco-Italienne, au-dessus de Vintimille.


J'ai fait à l'automne 2016 les enregistrements dans tous les villages de la vallée de la Roya qui est la première vallée des Alpes Maritimes quand on a passé la frontière entre l'Italie et la France. Mais principalement à Saint-Dalmas de Tende et sur la commune de Breil-sur-Roya. C'est une vallée où s'engagent les personnes migrantes qui viennent d'Italie et se dirigent principalement vers l'Allemagne et l'Angleterre. Il y en a presque 100 par jour. Ils remontent la vallée pensant rentrer dans le territoire français mais ils ignorent que le fond de vallée s'ouvrent sur l'Italie.

intention
Depuis que des personnes arrivent en grand nombre sur le sol européen venant du Moyen-Orient ou d'Afrique, je m'interroge sur les politiques onusiennes et européennes, sur la façon dont les Etats des pays riches génèrent sans les prendre en charge des situations catastrophiques de personnes en détresse dans leurs pays en grande instabilité. Les réponses que je vois dans les médias que ce soit Frontex, les Hotspots, les camps multiples… me semblent inquiétantes et indécentes.
J'ai choisi d'aller à la rencontre d'associations et d'individus de la société civile qui répondent de façon humanitaire mais aussi politique à cette situation. Je les interroge sur l'histoire de leur engagement, leur implication. Cet engagement est-il isolé ou collectif, politique ou humanitaire ? Vient-il d'une militance ancienne dans un parti ou une association ou a-t-il émergé de l'actualité sur les migrations ? De quelle façon ? En quoi cela résonne-t-il avec leur histoire propre ? Comment se définissent-ils dans ces actions ? Jusqu'où s'engagent ces personnes ? Comment se situer face à la question de la légalité de l'action et de la transgression ?
Se pose aussi pour moi des questions davantage liées au territoire de la Roya et à l'ancrage de cette action dans la population et dans la politique locale. A savoir la relation entre les gens engagés et ceux qui ne le sont pas. Mais aussi les liens nouveaux qui naissent de cet engagement entre les citoyens ou entre les différentes associations. Des gens qui ne se connaissaient pas ou peu, des associations qui jusque-là avaient guère travaillé ensemble. J'interroge aussi leurs réflexions autour de l'élargissement de l'action avec les politiques locaux : mairie, Conseil départemental et préfecture ; leurs choix autour la médiatisation de leur action, dans la presse locale, nationale et au-delà, dans les réseaux sociaux et l'impact de cette médiatisation sur leur action.
Et enfin, sur un registre plus humain, individuel voire émotionnel, nous échangeons sur la relation qu'ils engagent avec les jeunes gens Érythréens, Soudanais, Éthiopiens, Syriens qui passent le pas de leur maison, partagent leurs repas, montent dans leur voiture, rencontrent leur famille, etc…
comment
- discussion sur le fond avec le personnel et les bénévoles de Mapemonde à Briançon
- enregistrement de moments collectifs propre à ces actions :
mouvement d'occupation des « Lucioles » à Saint-Dalmas de Tende
préparation de maraude à Saint-Dalmas de Tende
accueil de jeunes Érythréens chez des habitants de Breil/Roya
préparation des passages en voiture vers d'autres départements
réunions diverses (à Saorge et à Breil/Roya)
- enregistrement de plusieurs entretiens individuels

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