Karagöz

Karagöz

Découverte du théâtre d’ombres avec Abdal Hayali, chaque participant découpera et assemblera une figurine sur du papier cartonné et, par petits groupes, les participants se retrouveront enfin derrière le castelet pour improviser une histoire ! Ces derniers pourront ensuite repartir avec leur figurine.

Abdal Hayali présentera aussi le spectacle Faudrait être un âne,
le samedi 27 aout à 16h - Salle des palabres - MJC

...bienheureux les fous, parce qu'ils sont fêlés, ils laissent passer la lumière....

Nasr Eddin Hodja est un héros légendaire, réel ou imaginaire, de tradition orale, qui aurait vécu au courant du 13ieme siècle en Anatolie. On le retrouve sous différents noms de l’Afrique du Nord jusqu’à la Chine, en passant par l’Égypte, la Syrie, la Sicile..

Il est contemporain de Mevlana (Rûmi) et de Hadji Bektâchî Veli. Mais il est plus proche des pensées de ce dernier, manifestant souvent un esprit frondeur vis à vis de l'Islam Sunnite. La religion, conformément à la pensée Bektâchî , étant une affaire privée et pouvant se passer d'étalage public. Dans ses histoires, le bonhomme trouve toujours des justifications à la pratique du péché, comme si elle était nécessaire à l'appréhension du bien : en cela, il est une représentation de l'homme dans toutes ses contradictions.

C'est un personnage moitié fou - moitié sage, dont on a dit qu'il est "tellement intelligent qu'il en devient bête ou il est si bête qu'il finit par dire des choses intelligentes". Tantôt idiot, tantôt éclairé, toujours fin, il fait toujours rire par sa naïveté feinte ou son sens de l'absurde. Pas un gros rire à tomber à la renverse, mais plutôt, un fin sou-rire qui nous invite à réfléchir. Les histoires de Nasr Eddin Hodja, petites et satiriques, écorchent les bigots (mais jamais la religion), l'arrogance, l'orgueil, la vanité et la bêtise des puissants et des riches, aussi bien que des ignorants qui s'ignorent.

C’est une invitation, entre narration enfantine et pensée profonde, à méditer sur l’injustice, la paresse, l'étroitesse d'esprit, la gourmandise, l'égoïsme, l'ignorance, les privilèges, la mort, le destin de l'homme, les mystères de la vie….. L’esprit occidental ne se sentira pas étranger aux bouffonneries de « Hodja », en qui il reconnaîtra le proche cousin de Diogène, Renart et Till l’Espiègle. Le Divin et Génial Hodja a encore beaucoup de choses à dire et à montrer, à notre siècle…

On voit Hodja (comme j'ai choisi de le nommer) en action: à la mosquée en train de prêcher la bonne parole, chez le tailleur se faisant tailler un habit, dans sa maison bernant un ange, sur la place du marché monnayant une volaille, dans un jardin surprenant des amants, chez le sultan faisant lire son âne............................

Les figurines et les décors du spectacle sont inspirés de miniatures Ottomanes, Perses et Indiennes. Et l'esprit du spectacle est celui du Karagöz.

Tout le long, les tableaux sont accompagnés de sons et d’instruments « acoustiques »turco-anatolien. La musique fait résonner les espaces d’imaginaires mis en œuvre par le théâtre d’ombres, souligne l’argument, rythme l’action et participe à la respiration du spectacle.

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