Larissa Sansour

Les travaux de Larissa Sansour sont d'une fraicheur incroyable, glaçante aussi. Jeune artiste palestinienne elle se consacre essentiellement à la réalisation de vidéos extrêmement soignées sur le plan formel et d'une profondeur symbolique et politique surprenante. Empruntant essentiellement au registre des films de sciences fictions tant dans la reprise de l'imaginaire spatial ou encore de l'anticipation que de l'utilisation massive d'effet spéciaux appliqués.

Le film devient idées, des images elles-mêmes au montage, en passant par les effets spéciaux : Le cinéma de Larissa Sansour possède une force basée sur la production d'idées-images où les codes et icônes du genre (science-fiction) s'entremêlent à une pensée politique et aux réalités subies par les palestiniens depuis la Nakba (1948), ainsi qu'à leurs symboles et aspirations.

A SPACE EXODUS – 2009, 5 min

Dans A Space Exodus, Larissa Sansour réactive des scènes du film culte 2001, L’Odyssée de l’Espace (1968) de Stanley Kubrick ainsi que des séquences du premier alunissage américain diffusées massivement à la télévision (1969). Universalisme, notion de progrès technologique et humain, démonstration de puissance des états : les enjeux héroïques, stratégiques mais souvent contradictoires, portés par les productions visuelles des années 60 liées à la conquête de l’espace sont détournés par l’artiste pour parler du monde contemporain. Par le remake, l’artiste les fait glisser du contexte de la Guerre Froide de cette époque vers le sort palestinien...

NATION ESTATE – 2012, 9 min

Dans ce film de science fiction , les palestiniens ont leur Etat qui se résume à un gigantesque gratte ciel : the Nation Estate , et qui abrite l’entière population palestinienne qui mène enfin la grande vie. Chaque ville a son propre étage : Jérusalem est au 3ème étage, Ramallah au 4ème, Bethelehem (ville natale de l’artiste) au 5ème étage et ainsi de suite. Les voyages entre les villes, auparavant régulés par les check points, se font par voie d’ascenseurs les contrôles sont devenus cybernétique, il suffit de présenter son empreinte digitale ou l’iris de son œil. Aspirant à une identité propre, le vestibule de chaque étage représente les lieux et les repères emblématiques de chaque cité.

IN THE FUTURE THEY ATE FROM THE FINEST PORCELAIN – 2015, 29 min

In the Future They Ate From the Finest Porcelain se situe à la croisée du cinéma de science-fiction, de l’archéologie et de la politique. Combinant capture de mouvements en temps réel et technologies de génération d’images assistées par ordinateur (CGI), le film explore le rôle du mythe dans l’histoire, la réalité et l’identité nationale. Un groupe appartenant à la « Narrative Resistance », mouvement activiste de résistance contre toute forme de domination, dépose dans des cachettes souterraines des sédiments de porcelaine fine censés appartenir à une civilisation entièrement fictive. Leur but est d’influencer l’histoire et de subvenir aux futurs besoins de leurs territoires en voie de disparaître.

Section Forum Expanded, Berlinale, 2016

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