Rencontre avec Jean Louis Le Tacon

"D’où vient ce désir de cinéma ? Le concept de désir est intéressant : si je me mets à filmer, à monter, à travailler, ce ne peut être que mû par le désir, justement.
C’est souvent après bien des recherches ou hésitations et puis soudain, quelque chose est en germe." - Jean Louis Le Tacon

Son premier film (culte) Cochon qui s'en dédit fut monté dans une cave rue Saint Michel à Douarnenez et projeté pour la première fois dans ce même Festival, en double bande Super 8 en 1979. Passé par la théologie, la sociologie marxiste, l'effervescence politique des années 70 puis étudiant de Jean Rouch, il n'est pas évident de résumer et de saisir son parcours en quelques lignes. En effet, au delà de Cochon ou Bretonnerie pour Kodachrome réalisé au sein du collectif Torr e ben, Jean-Louis le Tacon est un réalisateur prolifique. Plus de 50 films, courts, moyens ou longs qui illustrent tous la perpétuelle recherche tant dans l'écriture qu'au niveau formel. Super 8, vidéo, numérique ; documentaire, art vidéo ou cinéma élargi, autant d'outils pour dire ou décrire.

Profitons de la présence de jean-louis le tacon à l'occasion de la projection de Cochon qui s'en dédit, Voici la colère bretonne: la grève du joint français et Bretonnerie pour Kodachrome, pour voir deux de ses films postérieurs : L'arpenteur des mers (1992) et An abad per bourdelles, an emsa ver (Mon l'abbé Bourdelles, l'éveilleur – 1998).

Cela sera surtout l'occasion de discuter cinéma et de rencontrer ce personnage original à l'oeuvre prolifique.

L'ARPENTEUR DES MERS – 27min, 1992

"La caméra arpente les espaces limites, les zones incertaines entre l'océan et le continent. Il est proposé aux spectateurs de retrouver le temps de la contemplation et de la réflexion devant ces espaces qui nous rappellent que nous sommes faits d'eau, de terre, de lumière et de chair, matières premières de l'histoire humaine. Des personnages hybrides s'ancrent dans cette géographie, dramatisent le paysage, tissent un lien vital entre l'homme et la nature, la mort et la vie." – Sylvie Marchand

AN ABAD PER BOURDELLES, AN EMSAVER (Monsieur L'Abbé Bourdelles, l'éveilleur) – 26min, 1988

Au départ : une valise de films 9,5 mm remis par le professeur d'anglais à Jean-Louis Le Tacon quand il fréquentait le collège très catholique Saint-Joseph de Lannion en Bretagne. Il en résulte un portrait d'un sage - turbulent- de la Bretagne Armoricaine, brossé à partir des archives 9,5mm tournées par le curé lui-même dans les années 1950 et de ses écrits. La facture de ce document est très art vidéo. L'auteur, ici, se risque à mélanger les genres, à brouiller les frontières. Mais pour quoi Pas ? Au niveau des idées le réalisateur aborde par l'intermédiaire du curé la question nationale, bien épineuse. Est-ce une question de paysage, de climat, de langue, d'héritage du passé, se souvenirs d'enfance, de croyance, de pouvoir ? "Si l'homme ne prend pas en main son destin il aura comme avenir d'être éternellement un valet !"

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