Rencontre avec les Scotcheuses

« Nous sommes LES SCOTCHEUSES, On fait des films en pellicule, en collectif, "à l’horizontal" »

Tout est dit, ou presque, les Scotcheuses, c'est un coup de cœur, une rencontre avec Douarnenez qui a déjà eu lieu, rien d'étonnant néanmoins au vu de leur impressionnantes tournées dans des coins plus ou moins probables. Elles débarqueront en nombre au Salon d'Images à l'occasion de la sortie de leur DVD aux Éditions Potemkine !

Les Scotcheuses est un collectif de cinéma artisanal. Il doit son nom aux petits objets mécaniques qui servent à couper et scotcher la pellicule pour le montage d’un film. Partir et voyager. Utiliser la caméra super-8. Inventer un cinéma horizontal, joyeux et partagé. Filmer en one shot. Développer et monter le film sur place pour répondre collectivement aux failles d'un monde qui vacille. Pour Les Scotcheuses chaque rencontre, chaque lutte, est comme une petite allumette pour ne plus fermer l'objectif. Et poser le regard aux endroits de lutte et de vie. « En faisant ce type de cinéma c’est comme si on défendait une zone. » Les Scotcheuses Projection de No Ouestern en Super 8,

de certains inédits du dvd, d'un avant goût de leur prochain film post-apocalyptique en cours de réalisation à Bure avec ceux qui luttent contre le méga projet de poubelle nucléaire (http://vmc.camp), et une discussion autour de faire des films en collectif...Une belle rencontre en perspective.

No Ouestern – 2015, 27 min, C'est la suite du processus des Scotcheuses à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. La volonté dès le début était de se lancer dans une écriture filmique plus poussée que Sème ton western. Nous voulions fabriquer une sorte d'odyssée qui permettrait de traverser la zone sans la réduire à une seule réalité. Il s'agissait autant de faire récit des inventions de cet espace que d’accompagner les formes de luttes par l’imaginaire.

Nous voulions un peu de fantastique, un brin de documentaire, pas vraiment de western, une esquisse post-apolitique... mais que voulions- nous ? Nous sommes donc revenus plusieurs fois à la ZAD sous le soleil de l'été pour esquisser un scénario que nous avons tourné à l'automne 2014. Un fourmillement d’occupants de la ZAD se sont joints à cette aventure.

« On fera des films
comme on balance des cailloux :
ceux du petit poucet, pour tracer des chemins,
ceux de l'intifada, dans la gueule, pour sauver sa vie.
Comme les sables du désert, grains de sable dans les
rouages, grains de sucre dans le réservoir, et des
films comme les fleurs d'une nuit, éphémères,
sitôt écloses, sitôt disparues, pas vu
pas pris, et on fourguera rien. »
 
Utopies / Martine Rousset
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