Salon d’Images

La programmation du Salon d'Images se concentre cette année sur des démarches, un travail, des outils. Les films ou vidéos présentés sont tous en effet l'aboutissement de chemins détournés, qui ne vont pas droit au but mais qui s'entêtent à trouver les moyens d'atteindre une envie. Que ce soit la science-fiction et ses effets spéciaux pour mieux regarder la Palestine, les sessions d'écriture collective des Scotcheuses pour faire effectivement des films à plusieurs, ou le travail de la matière elle-même par Nicolas Rey pour penser la machine et le politique.

De nouveau, la diversité des technologies utilisées servent l'envie de mieux voir, et ce afin d'aiguiser notre regard entre dire et comment dire. Les films projetés seront aussi du plaisir et non sans lien avec le réel ou le politique.

Frontières et cinéma, nous aurions pu chercher les au-delà de ce dernier, mais ce fut peut-être un peu ambitieux pour ce petit endroit, toujours en libre accès et dans l'intimité.

AUTREMENT LA MOLUSSIE

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Un film de Nicolas Rey – 2012, 81min, projection en 16mm

Film incroyable, récompensé par le Grand prix du Cinéma du Réel en 2013, Autrement la Molussie est à la croisé de la littérature, du politique et nécessairement du cinéma. Les neuf bobines composant le film sont montées selon d'envie du/de la projectionniste. Les images à la photographie éblouissantes tournent, virevoltent pour devenir fixes parfois, sublimant des paysages ou s'arrêtant sur des lectures. Lire la suite...

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RENCONTRE AVEC LES SCOTCHEUSES

« Nous sommes LES SCOTCHEUSES, On fait des films en pellicule, en collectif, "à l’horizontal" » Tout est dit, ou presque, les Scotcheuses, c'est un coup de cœur, une rencontre avec Douarnenez qui a déjà eu lieu, rien d'étonnant néanmoins au vu de leur impressionnantes tournées dans des coins plus ou moins probables. Elles débarqueront en nombre au Salon d'Images à l'occasion de la sortie de leur DVD aux Éditions Potemkine ! Lire la suite...

« On fera des films
comme on balance des cailloux :
ceux du petit poucet, pour tracer des chemins,
ceux de l'intifada, dans la gueule, pour sauver sa vie.
Comme les sables du désert, grains de sable dans les
rouages, grains de sucre dans le réservoir, et des
films comme les fleurs d'une nuit, éphémères,
sitôt écloses, sitôt disparues, pas vu
pas pris, et on fourguera rien. »
 
Utopies / Martine Rousset

Larissa Sansour

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Les travaux de Larissa Sansour sont d'une fraicheur incroyable, glaçante aussi. Jeune artiste palestinienne elle se consacre essentiellement à la réalisation de vidéos extrêmement soignées sur le plan formel et d'une profondeur symbolique et politique surprenante. Empruntant essentiellement au registre des films de sciences fictions tant dans la reprise de l'imaginaire spatial ou encore de l'anticipation que de l'utilisation massive d'effet spéciaux appliqués. Lire la suite...

RENCONTRE AVEC JEAN LOUIS LE TACON

Son premier film (culte) Cochon qui s'en dédit fut monté dans une cave rue Saint Michel à Douarnenez et projeté pour la première fois dans ce même Festival, en double bande Super 8 en 1979. Passé par la théologie, la sociologie marxiste, l'effervescence politique des années 70 puis étudiant de Jean Rouch, il n'est pas évident de résumer et de saisir son parcours en quelques lignes. En effet, au delà de Cochon ou Bretonnerie pour Kodachrome réalisé au sein du collectif Torr e ben, Jean-Louis le Tacon est un réalisateur prolifique. Plus de 50 films, courts, moyens ou longs qui illustrent tous la perpétuelle recherche tant dans l'écriture qu'au niveau formel. Super 8, vidéo, numérique ; documentaire, art vidéo ou cinéma élargi, autant d'outils pour dire ou décrire. Lire la suite...

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the other side de Bill Brown

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2006, 43 min

« Trouver une frontière n’est que la moitié du problème. Certaines sont évidentes, comme les frontières entre pays, allumées et fortifiées; les zones démilitarisées où le désir est sur le point de rencontrer presque ce qu'il désire le plus, puis, déçu ou désappointé, se jette sur le fil barbelé. Par contre certaines doivent être recherchées, ces frontières invisibles que nous croisons sans même nous en rendre compte. »

Un film du réalisateur Texan Bill Brown, suit les 3000 kilomètres de frontière entre les États Unis et le Mexique. Pour les migrants se dirigeant vers le nord, c'est une frontière entre la pénurie et l'abondance. Pour les Nord-américains de l'autre coté, c'est une limite ténue entre l'ordre et l'insécurité.

En présence de Norma Iglesias

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