Revendications de l’OII-francophonie





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L’OII-Francophonie (Organisation internationale des personnes intersexes de la francophonie) est une organisation s’inscrivant au sein de l’Organisation internationale des personnes intersexes, qui recouvre plusieurs pays du monde situés en Afrique, en Océanie, en Asie, en Amérique du Nord et du Sud et en Europe. L’OII francophonie réunit à elle seule des groupes d’activistes intersexes et d’allié-e-s non-intersexes localisés en France, en Belgique, en Catalogne et au Québec, qui se mobilisent à la fois sur une base panfrancophone et nationale.

Bien que se rapprochant sur le plan des principes qui les animent et des revendications qu’elles portent, les différentes branches de l’OII demeurent indépendantes les unes des autres. Elles encouragent l’organisation d’actions adaptées aux contextes nationaux et culturels de chacune d’elles tout en réfléchissant ponctuellement ensemble, en collaborant sur certains dossiers et en échangeant régulièrement des informations.

L’OII-Francophonie adopte un mode organisationnel qui est le plus participatif possible, priorisant les perspectives des personnes intersexes, reconnaissant les capacités d’action de chacune d’entre nous, puis encourageant l’appui d’allié-e-s.  Nous adhérons à une lecture féministe des rapports sociaux, tout particulièrement celle qui souligne les ressorts de l’hétérosexualité obligatoire et de l’hétérosexisme, qui nous offrent des clés pour comprendre nos réalités. Par conséquent, nous envisageons un ensemble d’affinités avec les luttes de reconnaissance des droits des femmes, des personnes lesbiennes, gay, bisexuelles, bispirituelles, queers et trans*. Nous sommes par ailleurs conscient-e-s qu’il existe des points de convergence entre nos revendications et celles des personnes en situation de handicap, que nous nous engageons à explorer.

Animé-e-s d’une optique anti-oppression, nous nous opposons au sexisme, à l’hétérosexisme/hétéronormativité, au cissexisme/transphobie, de même qu’à toute autre inégalité structurelle telle que le racisme, le capacitisme et le classisme.

 Déclaration de principes

Nous affirmons d’emblée que nous sommes les meilleur-e-s expert-e-s de nos propres vies et expériences. Nous avons accumulé un savoir expérientiel et théorique en raison de notre positionnement singulier. Nous connaissons à la fois intimement le paradigme dominant qui nous est imposé et dans lequel nous baignons depuis notre naissance, puis cumulons un regard élargi sur notre propre expérience qu’une personne non-intersexe ne pourra jamais détenir. Nous n’agissons pas uniquement en tant que témoins, mais également en tant qu’acteurs sociaux présents dans toutes les sphères de la société et disposant, dans certains cas, d’une reconnaissance d’expertise institutionnalisée (ex : milieu médical et universitaire). Les personnes extérieures à nos réalités ne peuvent pas prétendre à l’objectivité puisqu’elles sont émotivement liées aux conclusions qu’elles tirent de notre existence.

Nous sommes conscient-e-s qu’il existe une gamme d’expériences intersexes et de regards propres sur nos réalités. Nous estimons qu’il est important de reconnaître les identités vécues et affirmées par chaque personne intersexe.

Nous ne considérons pas l’intersexualité comme une condition médicale: les termes «Intersexualité» ou «personnes intersexes» réfèrent respectivement aux réalités et aux personnes nées d’un sexe mettant au défi l’herméticité des catégories binaires et dichotomiques «hommes» et «femmes» créées par nos sociétés et policées par la médecine.

Nous soulignons que les diverses manifestations d’intersexualité et les prétendues «ambiguïtés du sexe» ne sont ni des maladies congénitales, ni des malformations, ni des aberrations, ni des défauts, ni des erreurs, ni des problèmes, ni des «manques de», ni des «surplus de», ni des «désordres» et ni des «anomalies». De tels qualificatifs sont davantage indicatifs des grilles de lectures et des vifs malaises qui animent les personnes qui les emploient, au premier chef celles qui appartiennent au corps médical.

Nous refusons les diagnostics créés et employés par le milieu médical pour désigner les différents degrés d’intersexualité qui ne sont en fait que des points de repère au sein d’une variabilité de caractéristiques considérées comme sexuées, qu’elles soient génétiques ou phénotypiques, internes ou externes (ex : gonades vs seins), primaires ou secondaires (ex : organes génitaux vs pilosité). Seules les véritables menaces pour la santé d’une personne peuvent faire l’objet de diagnostics, tels que la perte de sel présente chez quelques individus.

Nous mettons l’accent sur la personne humaine dans son ensemble sans nous focaliser sur l’aspect que prennent ses caractéristiques sexuées, et ce de sa naissance à sa vie adulte. Nous sommes des personnes et non des organes génitaux. Et en tant que personnes, nous avons le droit de conserver notre intégrité corporelle, de disposer de notre corps comme nous l’entendons, puis d’affirmer notre identité de genre selon nos affinités propres. Nous refusons d’être soumises à des traitements chirurgicaux ou hormonaux forcés ou non véritablement désirés provenant d’autorités médicales, légales, parentales ou conjugales.

Nous considérons que les problèmes auxquels sont confrontées les personnes intersexes ne sont pas de nature médicale, mais bien sociale et culturelle. C’est le dogmatisme  insistant sur l’idée de sexes et de genres distincts,  dichotomiques et complémentaires qui est à l’origine des mutilations génitales et hormonales imposées aux corps de personnes intersexes, et ce de l’enfance à l’âge adulte. C’est pourquoi nous agissons contre toutes les formes de sexisme dont sont victimes essentiellement les femmes et les personnes intersexes, de même celles qui ne se conforment pas aux normes sexistes de notre société.

Nous promouvons la visibilité et la reconnaissance de notre existence comme une des manifestations de la beauté de la diversité naturelle et humaine. Notre inclusion et notre reconnaissance n’est pas seulement positive pour les personnes intersexes, mais également pour l’ensemble des personnes opprimées par le sexisme, l’hétérosexisme/hétéronormativité, puis le cissexisme/cisnormativité parmi notre société. Tenter d’éradiquer notre existence est une perte pour l’humanité.

« Nous existons »

 

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Notre mission :

  • Soutenir les personnes intersexes francophones en partageant avec elles des informations rédigées principalement en français et en leur offrant la possibilité d’entrer en lien avec d’autres.
  • Réclamer la reconnaissance des droits humains des personnes intersexes.
  • Promouvoir les échanges d’idées et le développement de réflexions entre personnes intersexes évoluant dans des groupes et vivant dans des espaces géographiques variés.
  • Rendre notre existence présente dans l’esprit des membres de nos sociétés, et ce sous un angle positif.
  • Faire connaître les expériences de vie concrètes des personnes intersexes aux acteurs sociaux ayant une influence sur nos vies, soit les activistes féministes, LGBT, queer et des droits humains, les décideur-e-s politiques, les juristes, le personnel médical et paramédical, les sages-femmes, les psychiatres, les psychologues et les psychothérapeutes, les travailleurs sociaux et travailleuses sociales, les sexologues et autres chercheur-e-s des sciences sociales. Une attention particulière est portée sur le personnel travaillant actuellement auprès des enfants dont l’anatomie sexuelle est atypique.
  • Développer des structures d’aide non pathologisante destinées aux familles et ami-e-s de personnes intersexes leur permettant de mieux comprendre nos réalités et de mieux nous accompagner et nous offrir du soutien.
  • Offrir aux personnes intersexes désireuses de sortir de l’isolement, de mieux comprendre leurs expériences et réalités, puis de s’approprier leur existence, la possibilité de communiquer directement avec d’autres.

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