Solidarités #3 – à Kermarron





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La Maison solidaire de Kermarron est l'une des plates-formes douarnenistes qui accompagnent les plus fragiles. Face à l’urgence, une équipe rajeunie de bénévoles a répondu à l’appel.
«Face à l’inquiétude des citoyens, et pour lutter contre l’isolement qui se renforce en cette période de confinement, nous avons mis en place un dispositif de veille sociale auprès des personnes les plus fragiles qui sont en lien avec la Maison Solidaire. Les salariés sont mobilisés pour assurer un accueil et une écoute téléphonique, renseigner et accompagner au mieux les personnes. Une aide pour les démarches administratives est également maintenue par téléphone ».



Le confinement commence à perturber les Douarnenistes

Publié le 29 mars 2020 dans Le Télégramme

 

La Maison solidaire de Kermarron est l’une des plates-formes douarnenistes d’accompagnement des plus fragiles. Face à l’urgence, une équipe rajeunie de bénévoles a répondu à l’appel.


Des chaises retournées sur la table, un coin pour l’ordinateur portable. Ce vendredi matin, Tugdual Le Nabec est manifestement de passage à la Maison solidaire de Kermarron. « Cet après-midi, je serai chez moi, en télétravail, confirme l’animateur. Mais il faut être présent ici régulièrement ». Car maintenir le contact ne peut se faire uniquement sur le Net. « Notre travail aujourd’hui donne plus de sens à nos valeurs de Maison solidaire car en cette période, la fracture sociale est encore plus explosive », affirme-t-il avant d’énumérer les multiples liens tissés au fil des jours de confinement.

 

Les bénévoles ont répondu présent

« Il y a, par exemple, beaucoup de gens qui n’ont pas d’imprimante à domicile, qui ont des difficultés à écrire, détaille Tugdual. Sur demande, nous allons donc déposer des attestations de déplacement dans les boîtes aux lettres ».

Outre les permanences téléphoniques, les animateurs et bénévoles ont mis en place une « veille sociale ». « Nous avons identifié les personnes les plus fragiles et isolées, une trentaine, continue l’animateur. Nous les appelons régulièrement ». La Maison solidaire a dû lancer un appel car les bénévoles habituels de l’association sont en grande majorité des personnes âgées qui ne peuvent plus sortir. « Plus de 25 personnes se sont inscrites, de toute la ville et pas seulement de Kermarron, se félicite l’animateur. Elles nous aident pour les permanences téléphoniques, font des courses alimentaires, vont retirer les colis aux Restos du cœur, chez le pharmacien… La première semaine, les placards étaient pleins, c’était calme. Depuis, il y a beaucoup de demandes d’habitants ».

 

« L’angoisse monte »

« Nous avons senti monter un sentiment d’angoisse, de stress. Les gens se rendent compte que cela va durer. Nous avons déjà vu deux ou trois personnes montrer des signes de craquage. Dans la durée, cela va être compliqué. » La proposition émise par deux psychologues douarnenistes d’apporter leur aide bénévolement a donc été très appréciée.

« Nous nous interrogeons sur l’après, continue Tugdual. Dans quel état vont se retrouver les personnes ? Il y a parfois des problèmes d’alcool et là, nous savons que cela s’aggrave. Il n’y a plus de promenade, plus de possibilité d’aller dans les jardins familiaux. Il faudra peut-être créer une cellule psychologique pour évacuer toute cette période ».

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