Expositions

Black thread

PHOTOGRAPHIES D’ILIAS GEORGIADIS

en partenariat avec le Larvoratoire du 21 au 28 août de 11 h à 19 h, au Larvoratoire, 20 rue Anatole France, 29100 Douarnenez

Ilias Georgiadis rencontre la photographie en 2009, à 19 ans, au moment où la Grèce sombre dans une crise économique et politique profonde. Contrairement à beaucoup de jeunes grecs qui se sont alors exilés à Londres ou Paris, Ilias fait le choix de rester à Thessalonique. C’est de là qu’il s’engage dans une quête d’images dont le but, dit-il, est « de ne pas me sentir étranger à moi- même, ni à l’univers ». Cette recherche à la fois intime et cosmique, se manifeste dans une écriture contrastée, urgente et intense qui rappelle à certains égards celle du mouvement éphémère Provoke du Japon des années 1968-69. Et c’est aux frontières de la lisibilité qu’Ilias Georgiadis expérimente la beauté du naufrage : grattant les négatifs, empilant les mots sur les images, explorant le grain du noir…

Faire un livre comme le rescapé ferait une barque de sauvetage pour « se tenir au milieu entre la vie et la peur de la mort, inévi- table », survivre et rejoindre la rive des autres. Le photographe présente son œuvre comme un voyage, voire comme une déshé- rence marquée par le désir et par la perte. Une mélancolie qui le rapproche de Théo Angelopoulos.

L’exposition propose une scénographie qui reflète ce parcours existentiel et met en avant son processus narratif, les allers- retours entre l’image et l’écrit, le proche et le lointain. Deux livres naîtront de ces dix années de travail, Over-State (Blow-up press) et Vialattea (Origini edizioni), qui seront consultables à la galerie.

La Grèce des minorités

ELISA PERRIGUEUR

En partenariat avec la galerie Miettes de Baleine
du 21 au 28 août de 11 h à 19 h, à la galerie Miettes de Baleine, 3 rue du centre, 29100 Douarnenez.

Elisa Perrigueur est journaliste indépendante et illustratrice basée à Athènes. Elle concentre son travail sur les questions migratoires en Europe, les frontières et les mouvements sociaux. Depuis 2015 et un déplacement à Lesbos, marquée par les scènes vues lors de ses reportages elle commence à illustrer ses écrits afin d’apporter un autre regard, d’autres détails aux parcours des migrants.

Elle s’est notamment concentrée sur deux frontières maritimes, les plus difficiles à franchir pour les réfugiés : la frontière entre la Turquie et la Grèce, puis celle entre France et la Grande-Bretagne. Ses observations et enquêtes ont finalement donné naissance à l’exposition Migrations, les escales du vide, une série de plusieurs dizaines d’aquarelles. L’auteur tient à y représenter ce que les migrants voient sur leur chemin en Europe : des routes sans fin, des silhouettes lointaines, des armées de policiers, des barbelés… Les détails qui illustrent, selon elle, leur exil entrecoupé d’escales « vides », où règnent l’attente et la quête de sens.

Humain trop Humain

MIREILLE SEMRE

Du 20 août au 8 septembre, à l’Abri des Guetteurs, 5 boulevard Richepin, 29100 Douarnenez.

« Humain, trop Humain », c’est 100 visages regroupés côte à côte avec la clarté d’une évidence, celle d’un corps social ouvert à l’autre et dans lequel tout un chacun peut s’inclure, même si une inquiétude et une fragilité imprègnent l’ensemble.

Plastiquement, je me suis posé la question de faire tenir côte à côte, sans mise en scène ou dramaturgie, des visages croisés dans le quotidien, simplement là, ensemble et proches. Je me suis rendu compte que c’est la différence d’exécution qui permet leur juxtaposition pour former un tout autonome et ouvert car au contraire d’une exécution uniforme, aucun récit ou aucune théâ- tralité ne s’installait.

La cohésion de l’ensemble vient des différences affirmées de chaque tableau. C’est également vrai socialement d’où une coexistence de visages autonomes qui n’occupent pas tout l’es- pace et dont la différence nous laisse la liberté de circuler parmi eux, avec eux, en eux. Chacun fait corps avec une multitude tra- versée comme en un chuchotement par l’histoire et l’actualité dont témoignent les mots à peine déchiffrables de Niki Giannari, Paul Celan et Mahmoud Darwich.

Un Archipel des solidarités. Grèce 2017-2020

PHILIPPE BAZIN ET CHRISTIANE VOLLAIRE

Du 21 au 28 août, à la salle des Halles, place des Halles, 29100 Douarnenez.

Cette exposition montre un extrait de Un Archipel des solidarités. Grèce 2017-2020 réalisé conjointement avec la philosophe Chris- tiane Vollaire. L’exposition associe photographie documentaire et philosophie de terrain et porte sur trois ans de travail sur la situation grecque, aussi bien sur la crise économique, la crise migratoire, que la référence à l’histoire du xxe siècle de ce pays

Grèce : l’impasse aux portes de l’Europe

ENRI CANAJ

En partenariat avec Médecin sans frontières.
Du 21 au 28 août, à la salle des Halles, place des Halles, 29100 Douarnenez.

Grâce à notre partenariat avec Médecin sans frontière, nous pou- vons vous présenter cette exposition de photographies réalisées par le photographe d’origine albanaise, Enri Canaj. Né à Tirana, en 1980, il y a passé sa petite enfance et a déménagé avec sa famille en Grèce en 1991, immédiatement après l’ouverture des frontières.

Présent sur les îles grecques de Samos et Lesbos entre juillet et septembre 2020, il témoigne des conditions de vie insalubres dans des camps surpeuplés. L’inquiétude y est d’autant plus grande que l’épidémie de COVID-19 se propage dans le monde entier. Des di- zaines de milliers de réfugiés et demandeurs d’asile se retrouvent bloqués sur des îles où rien n’est prévu pour les accueillir.

« Au sens figuré, la migration est pour moi un grand arbre. Les racines de l’arbre symbolisent les raisons et les motivations communes ou partagées… Les gens partent vers d’autres pays en rêvant d’un avenir meilleur pour leurs enfants, en fuyant la guerre, l’oppression et la violence… tout en emportant avec eux leurs drames et leurs peurs, leurs traumatismes et leurs espoirs ». explique-t-il.