Belcim Bilgin

“Sessiz-be deng (Silencieux)”, Palme d’or du court-métrage, nous vient de Turquie. Tout en pudeur, en silences et en échanges de regards, il évoque une situation politique forte vécue d’un point de vue personnel. L’année 1984. Zeynep, une jeune mère de famille vit à Diyarbakir, la capitale de la région kurde de Turquie, avec ses trois enfants en bas âge. Elle souhaite rendre visite à son mari emprisonné, mais rencontre une difficulté majeure : elle ne connaît que sa langue maternelle, le kurde, et en prison celle-ci est strictement interdite, au profit de la seule langue officielle, le turc. Sans l’usage du kurde, Zeynep se trouve dans l’impossibilité de prononcer le moindre mot. La caméra de Rezan Yeşilbaş ne lâche jamais. Deuxième film d’une trilogie féminine initiée par le réalisateur, ce fragment de vie interpelle par son sujet intime, son traitement pudique, son cadrage des visages et sa lumière très douce.

22 juillet 2016

Silencieux

“Sessiz-be deng (Silencieux)”, Palme d’or du court-métrage, nous vient de Turquie. Tout en pudeur, en silences et en échanges de regards, il évoque une situation politique […]