Kezako pour l’après #1 – Edito

En ces temps étranges et incertains, nous poursuivons la préparation du Festival de cinéma de Douarnenez. L’équipe et bénévoles du conseil d’administration continuent à échanger (à distance). Bien entendu, cette édition sera, quoiqu’il en soit, singulière. Nous ne pouvons pas la préparer comme si rien d’inédit ne s’était passé.

La pandémie du Covid 19 est une tragédie, elle a fait et fera des victimes. Elle met en évidence des incohérences, des absurdités, dans notre rapport à notre environnement que le Festival dénonce depuis plus de 40 ans. Il s’est toujours intéressé à la situation des plus faibles, de celles et ceux dont la culture, c’est-à-dire le rapport au monde est le plus en danger. A ces peuples méprisés, niés, et dont pourtant nous sommes persuadés que leur culture, leur manière d’habiter la/sa terre mérite qu’on s’y intéresse.

Cette pandémie rappelle aussi qu’au final, c’est le corps de chacun qui est attaqué et que les corps, nos corps, ne sont pas égaux. L’accès aux soins est évidemment très inégalitaire, et les systèmes de santé ont été largement mis à mal ces dernières années. Mais n’oublions pas les corps déjà attaqués de ceux qui ne sont pas dans la norme : Sourd·e·s, LGBTQI… Les corps des exilé·e·s qui aujourd’hui n’apparaissent même pas dans le décompte des morts. Les corps des femmes qui sont en première ligne dans cette “guerre”. Celles qui tous les jours soignent, nettoient, prennent soin des plus vulnérables.Nous avons, comme vous tou·te·s, traversé une phase de sidération, mais nous voulons aller au-delà. Non, plus rien ne sera et ne doit être pareil après cette pandémie. C’est l’occasion d’une authentique transition, à laquelle le festival a toujours aspiré.

De nouvelles solidarités se mettent en place. Cette pause est aussi l’occasion de prendre des nouvelles, de poursuivre les échanges, d’envisager l’avenir autrement, de mieux se connaître, de continuer à regarder des films, à parler cinéma.

C’est ce que nous nous proposons de faire, avec nos invités d’hier et de demain. Ainsi le Festival de cinéma de Douarnenez 2020 commence maintenant. Nous voulons partager avec vous ses contenus dès à présent. Quelque soit la forme qu’il prendra, il survivra au Covid 19 en fabriquant des anticorps à l’ultra capitalisme, aux systèmes qui détruisent et martyrisent les peuples et les corps.