Agnès Contensou

Il est un lieu, européen de droit, américain de continent, caraïbe d’aire géopolitique, qui vit une étonnante expérience d’intégration : la Guyane, département français d’Amérique. Longtemps, la créolité guyanaise fut un « bouillon » dans lequel l’immigrant tombait pour se fondre, apportant au plat des saveurs nouvelles. Confrontés depuis 20 ans à une accélération des migrations, les Créoles de Guyane, hier majoritaires, se voient réduits à l’état de groupe minoritaire parmi d’autres. Comment l’identité guyanaise se recompose-t-elle ? La Guyane est un laboratoire de construction multiculturelle, plein d’enseignements pour d’autres lieux… À Mana, petit bourg guyanais de 1 500 habitants, Amérindiens, Européens, Créoles, Noirs-Marrons, Surinamiens, Hmongs et Brésiliens racontent… Le bouillon d’awara, une sorte de pot-au-feu à base d’awara, fruit d’un palmier commun en Guyane, que les Créoles préparent le lundi de Pâques. On dit que celui qui en mange ce jour-là ne quittera plus jamais la Guyane, ou qu’il reviendra sûrement s’il doit partir.

1 août 2017

Le bouillon d’awara

Il est un lieu, européen de droit, américain de continent, caraïbe d’aire géopolitique, qui vit une étonnante expérience d’intégration : la Guyane, département français d’Amérique. Longtemps, […]