On ne peut  rivaliser  avec l’énergie débordante et la joie frondeuse de Born in Flames de Lizzie Borden, sorti en 1983. La récente restauration de cette fable de science-fiction tournée caméra au poing dans le downtown new-yorkais rend hommage comme jamais à une vision radicale dont la lucidité éclate à la manière d’un cocktail Molotov au milieu d’une actualité caractérisée par l’inquiétude politique et la morosité réactionnaire. L’image miroitée d’un futur sous forme d’ordre post-révolutionnaire qui malgré ses grandes promesses de changement et d’égalité se rend coupable de discrimination systématique et d’oppression, ne peut trouver dans notre époque que de nombreux échos de reconnaissance. Sans surprise le film fait figure aujourd’hui de référence pour de nombreux mouvements activistes : son portrait tourbillonnant, kaléidoscopique, du combat contre l’hégémonie patriarcale hétéro et raciste de la société bien-pensante ne peut, au vue de la criminalisation actuelle de toute forme de résistance, qu’avoir gagné en puissance évocatrice. Faisant se balancer les différents angles d’approche des personnages, entre autres Kathryn Bigelow, Adele Bertei et Florynce Kennedy dans son propre rôle, et soutenu par la rythmique de musiciens comme The Red Crayola ou The Bloods, cette mise à plat audacieuse des questions de genre, de race et de classe nous confronte plus que jamais avec les limites et les possibilités de la résistance aujourd’hui.

23 février 2017

Born in flames

On ne peut  rivaliser  avec l’énergie débordante et la joie frondeuse de Born in Flames de Lizzie Borden, sorti en 1983. La récente restauration de cette […]
17 juillet 2014

Filmradiofilm

Un film qui cherche à filmer le son. Dans le studio 110 de France Culture, les coulisses de la fabrication d’une fiction sonore,La Traversée de l’Hudson, […]